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Le tournesol sans produits phytosanitaires est-il rentable ?

13 avril 2026
Selon la région, le tournesol peut être une option pour diversifier la rotation. Cultivé en Extenso, il a fait l’objet d’un essai évaluant la rentabilité et la praticabilité du désherbage mécanique.

La demande en huile végétale Suisse reste élevée La quantité contractuelle de tournesol s’élève désormais à 28’000 tonnes (2026). Les inscriptions sont encore ouvertes. Pour la récolte 2025, les prix moyens payés aux producteurs étaient de 81.40 CHF/dt (variété classique) et 85.55 CHF/dt (variété HO). Le tournesol se prête à la production sans insecticides ni fongicides et s’inscrit généralement au programme de non-recours aux PPh (Extenso) avec une contribution de 400 CHF/ha.

Aspects agronomiques
Grâce à des variétés plus précoces et au réchauffement climatique, la culture s’étend à davantage de régions et réduit les risques de coût de séchage. Face à la pression croissante des insectes et le retrait de matières actives, le tournesol peut constituer une alternative intéressante au colza. Le principal défi reste la sensibilité aux dégâts d’oiseaux au stade juvénile.

Essai comparatif du désherbage chimique et mécanique, avec et sans sous-semis
Les écoles d’agriculture (AG, FR, LU, SG, TG, ZH) ont réalisé un essai pour évaluer l’impact sur le rendement, la rentabilité et la praticabilité de différentes stratégies de désherbage du tournesol.
Les rendements moyens variaient fortement entre les années, reflétant les conditions climatiques défavorables en 2024 (~28 dt/ha) et réjouissantes en 2025 (~39 dt/ha). Aucune différence significative n’a été observée entre les procédés.

Source : Grangeneuve
Il y a eu des différences entre les années, mais pas entre les stratégies de désherbage. Il est donc possible de réaliser des rendements similaires avec le désherbage chimique et le désherbage mécanique. Les procédés avec les sous-semis Sofix (différents trèfles et raygras d’Italie) et Solegu (différents trèfles) ont été désherbés mécaniquement.

Le procédé sous-semis avait pour but d’en évaluer l’effet contre le salissement tardif. Les relevés d’adventices ont montré un léger effet de concurrence des sous-semis par rapport aux deux autres stratégies. Praticabilité et rentabilité du désherbage mécanique avec et sans sous-semis Le procédé chimique consiste généralement en un traitement avec des herbicides racinaires en prélevée et, si nécessaire, un rattrapage avec un graminicide. Selon les conditions de sol et les adventices présentes, le désherbage chimique ne permet pas toujours une maîtrise totale des mauvaises herbes. Un passage de sarclage peut présenter une solution de secours. Les variétés tolérantes aux sulfonylurées offrent en outre la possibilité de faire, si nécessaire, un rattrapage en postlevée.

Source : Grangeneuve
Pour le site du canton de Fribourg, les sous-semis se sont assez bien développés en 2025 (ici le 13 septembre 2025) et en 2024, formant un couvert hivernant intéressant si le tournesol est suivi d’une culture de printemps.

Pour réussir le désherbage mécanique, il faut idéalement un passage à l’aveugle 5 à 7 jours après le semis, suivi d’un première passage de sarcleuse dès la première paire de feuilles. Lors du deuxième passage de sarcleuse, le buttage permet d’enfouir une partie des adventices. Dans les stratégies avec sous-semis, le mélange est semé pendant ou après le deuxième sarclage. Les coûts liés spécifiquement aux stratégies de désherbage sont énumérés dans le tableau ci-après. Avec les contributions fédérales de 250 CHF/ha pour le programme « non-recours aux herbicides », les coûts du désherbage mécanique sont inférieurs à ceux du désherbage chimique. Si le tournesol sans herbicides peut en plus être commercialisé avec le label IP-Suisse, la prime IP-Suisse de 13 à 15 CHF par dt s’ajoute. Actuellement (état fin janvier 2026), IP-Suisse cherche encore des surfaces de tournesol classique.

Source : Grangeneuve
Le premier sarclage doit se faire dès la première paire de feuilles, surtout lorsqu’on travaille avec des doigts de Kresse, qui ne sont efficaces sur la ligne que lorsque les adventices sont petites. Il est également possible d’étriller à partir de ce stade pour désherber sur la ligne.

Source : Catalogue des coûts de machines 2025 (agroscope)
Coûts liés aux différentes stratégies de désherbage mises en oeuvre dans l’essai. * tarif de l’entrepreneur

La variante avec le sous-semis semble économiquement la moins intéressante. Si le semis d’un engrais vert hivernant fait partie de la stratégie de l’exploitation, la situation se présente différemment. Dans un calcul aussi simple, il n’est pas possible de présenter les risques liés aux conditions météo, le temps d’observation de la parcelle, ni le stock grainier potentiel pour la culture suivante. Se lancer dans un tel système de production exigeant nécessite avant tout une motivation personnelle.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., collaboratrice scientifique