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Un nouvel outil pour coordonner la lutte contre certains ravageurs des cultures

18 mars 2026
Certains organismes nuisibles des cultures nécessitent une lutte coordonnée au niveau national ou régional pour être efficace. La Confédération vient de publier une nouvelle ordonnance pour permettre cela.

Contre les organismes qualifiés de nuisibles « particulièrement dangereux », appelés aussi organismes de quarantaine, tels que le scarabée japonais, des dispositions légales rendent la lutte obligatoire afin d’éviter qu’ils ne s’établissent en Suisse. Mais certains organismes ne remplissent pas ou plus les critères pour entrer dans cette catégorie, alors qu’ils présentent un potentiel de nuisance important, comme le souchet comestible ou la chrysomèle des racines du maïs.
En général, il appartient aux agriculteurs de prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs cultures contre les organismes nuisibles autres que ceux de quarantaine. Cependant, dans certains cas, l’efficacité des mesures n’a de sens que si elles sont coordonnées. La nouvelle ordonnance sur les mesures de lutte coordonnées contre les organismes nuisibles aux cultures (RS 916.23), publiée par le Conseil fédéral à la fin de l’année dernière et entrée en vigueur au 1er janvier 2026, répond à ce besoin.
Dans son annexe 1, cette ordonnance édicte actuellement des mesures de lutte coordonnées au niveau national pour les deux exemples cités plus haut, à savoir le souchet comestible et la chrysomèle des racines du maïs. Il est envisageable que d’autres organismes viennent compléter la liste dans les années à venir. Cette ordonnance pourra aussi être activée si une lutte coordonnée devait s’avérer utile et nécessaire au niveau régional, mais pas forcément national.

© Grangeneuve

Les cantons sont chargés de la mise en œuvre des mesures de lutte coordonnées, tout en étant soumis aux directives fédérales. Pour la chrysomèle des racines du maïs, la culture du maïs deux années de suite sur la même parcelle restera interdite dans les zones infestées, comme cela était le cas jusqu’à présent. Mais une exception est désormais possible. Elle est avant tout destinée aux exploitations herbagères n’ayant que du maïs en terres ouvertes et motivée par les coûts liés à l’installation d’une nouvelle prairie. Concrètement, dans les zones infestées, il sera possible de cultiver du maïs deux années consécutives sur les parcelles ayant eu une prairie en culture principale comme précédent au maïs.
Le souchet comestible est désormais soumis à une obligation d’annonce des zones infestées. Les parcelles devront être annoncées au service phytosanitaire cantonal et les entreprises y effectuant des travaux agricoles devront être informées au préalable, avec indication précise des zones infestées par le souchet comestible. De plus, des mesures de lutte devront être mises en place : les entreprises mandatées pour des travaux dans des parcelles infestées ont l’obligation de planifier leurs interventions de sorte que la ou les zones touchées de la parcelle soient les dernières travaillées ; les éléments des véhicules et machines de travail, qui auront été en contact avec de la terre contaminée, devront obligatoirement être nettoyés et les exploitants devront prendre des mesures pour réduire la population de souchet comestible dans les parcelles infestées, selon les recommandations des services phytosanitaires cantonaux. Des informations plus précises quant aux modalités concrètes de mise en œuvre seront communiquées ultérieurement.


Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., responsable du secteur production végétale